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💥HOMMAGE AUX HÉROS ET HÉROÏNES DE LA COMMUNE DEVANT LE SACRÉ-CŒUR

mars 19, 2021

Par MFC 1871

« Il y a 150 ans jour pour jour commençait la Commune de Paris 1871, l’occasion de revenir sur cet épisode occulté de l’histoire de la capitale et méconnu du grand public, pour qu’enfin elle retrouve toute la place qui lui est due dans l’imaginaire collectif ! 72 jours où l’esprit révolutionnaire parisien illumina une nouvelle fois la marche de l’histoire. Femmes, hommes, et partisans de nombreuses nationalités participèrent activement à ce soulèvement populaire alors porteur de grands espoirs pour imaginer une société plus juste et plus égalitaire. Les habitant-es de Paris ont mis en oeuvre des mesures de transformation sociale et politique : tentative de mettre en place un nouveau gouvernement, réquisition des logements vides, suspension des loyers et annulation des dettes locatives, interdiction du travail de nuit, réquisition des moyens de production abandonnés par les patrons, école libre – gratuite et laïque, réorganisation du travail, égalité salariale hommes-femmes, reconnaissance de l’union libre, séparation des églises et de l’Etat… La mesure la plus radicale de la Commune fut la destruction de l’État bourgeois

.À la fin des années 1860, Paris gronde et pour détourner la colère sociale, Napoléon III cible un ennemi extérieur la Prusse (les États allemands coalisés). Il déclare la guerre le 19 juillet 1870 mais le conflit vire au fiasco et en septembre 1870, la capitale est encerclée. L’Empire s’effondre et la République est proclamée, un gouvernement provisoire est institué suite à la capitulation de la France face à la Prusse. Les parisiens se sentent trahis et dans ce climat de tension, Adolphe Thiers (chef du gouvernement provisoire) se méfie plus que jamais de la population parisienne c’est la raison pour laquelle il ordonne, dans la nuit du 17 au 18 mars 1871, de désarmer Paris en reprenant les canons mais le peuple ne l’entend pas de cette oreille! Pour la bourgeoisie de l’époque il est hors de question de laisser aux classes laborieuses les moyens de se défendre. Les canons étant entreposés sur les hauteurs de Ménilmontant, Belleville, Buttes Chaumonts et d’autres lieux – le plus grand nombre (171) ont été réunis sur la butte Montmartre. Ils avaient été payés par les parisien(ne)s grâce à des souscriptions populaires pendant la guerre et le siège des Prussiens, les plus pauvres s’étant comme toujours particulièrement sacrifiés. Cette artillerie était alors sous le commandement de la Garde nationale une force armée locale composée essentiellement de parisiens, organisée en quartier et élisant ces officiers. Les gardes nationaux avaient regroupé sur la butte ses 171 canons pour les soustraire à l’envahisseur prussien et défendre Paris : un précieux armement que les parisien(ne)s n’entendaient se voir confisquer ni par l’ennemi, ni par le gouvernement. Le mot « Commune » est alors revendiqué par des Parisien(ne)s qui demandent au peuple de résister contre les Prussiens alors que le gouvernement en place refuse, de peur que ça ne se retourne ensuite contre les classes dominantes.

Au petit matin du 18 mars 1871 c’est à Montmartre que la Commune se déclenche. Les quartiers populaires de Paris se soulèvent et les parisien(ne)s empêchent les soldats envoyés par Adolphe Thiers de récupérer des canons, financés par la population elle même en vue de la défense de leur ville. Les soldats sont stoppés par la foule pacifique et les deux groupes fraternisent. De nouveaux ordres tombent, l’armée doit tirer sur la foule pour se faire obéir. Les soldats n’obéissent pas et les Parisiens s’en prennent à deux généraux, qui sont emprisonnés et fusillés à Montmartre. Plusieurs quartiers se révoltent, le comité central s’installe à l’Hôtel de ville à la nuit tombée et le drapeau rouge flotte sur le bâtiment conquis sans la moindre effusion de violence : c’est le début de la Commune qui durera du 18 mars 1871 jusqu’à la Semaine sanglante à la fin du mois de mai 1871, l’évènement qui aurait pu être anecdotique se transforme en révolution qui durera deux mois et marquera l’Histoire, en 24 heures le gouvernement et son armée se replient sur Versailles et abandonnent la capitale à ceux qu’ils baptiseront Communards.

Le Sacré-Coeur sera construit quelques années plus tard sur ce haut-lieu de la Commune de Paris qu’était la butte Montmartre, prenant le sens d’une revanche à la fois cléricale et antisociale, il sacralise une haine de classe. En effet, c’est dans le nord de la ville – à Belleville, Ménilmontant et Montmartre notamment – qu’a eu lieu, le 18 mars 1871, le gros de la bataille marquant le début de la Commune. C’est depuis l’emplacement actuel du Sacré-Cœur que les troupes d’Adolphe Thiers ont tenté de faire descendre les canons et armes confisqués aux insurgés en ce jour de mars 1871. La Commune de Paris, administration municipale autonome du gouvernement français, naîtra de cet épisode. Elle deviendra de fait une révolution ouvrière et populaire, qui, pour la première fois dans l’histoire, posera les bases d’un pouvoir prolétarien. Cette dernière sera violemment réprimée lors de la « Semaine sanglante » du 21 au 28 mai 1871 ; Montmartre sera, une nouvelle fois, le théâtre de quelques-unes des actions les plus violentes de cette répression. 150 ans nous séparent de la Commune et elle représente toujours l’épisode révolutionnaire le plus honni de la bourgeoisie française, puisque c’est son pouvoir, son État, ses intérêts de classe qui y furent compromis par une « masse » populaire consciente.

Aujourd’hui dans un Paris gentrifié des artistes et associations subventionnés par la mairie (malgré les gémissements de la droite parisienne-versaillaise) commémorent en mettant en avant « l’esprit festif du début de la Commune », se contentant de résurgences mémorielles d’un moment, tout en se dissociant des violences qu’il ne faudrait pas glorifier et donc de fait la dénaturent de son caractère révolutionnaire alors que la IIIe République française est née sur les cadavres de la Commune de Paris. L’histoire officielle ne veut pas surtout pas s’encombrer de ces dizaines de milliers d’hommes et de femmes, massacrés et déportés en masse pour leurs idées. La commémoration de la Commune de Paris est un combat politique et cet anniversaire se doit d’impulser une réflexion sur l’actualité des thèmes développés sous la Commune, et sur le devenir de notre société, où les espaces de liberté se réduisent sensiblement dans un contexte mondial de pandémie et de crise sanitaire, économique, sociale, politique d’ampleur inédite mais qui favorise aussi des prises de conscience sur la nature et le sens du système capitaliste quelles qu’en soient les formes dans lesquelles nous y vivons où que ce soit dans le monde. Ne laissons pas la mémoire de la Commune aux boutiquiers branchés qui s’en approprient l’identité pour poursuivre la gentrification de la capitale ni aux traitres réformistes et autres républicains de gauche qui ne sont plus à une récupération près pas plus que que de se satisfaire d’une commémoration culturo-universitaire. Ne dépolitisons pas l’histoire défilons avec nos envies, nos slogans pour les insurgé-es d’hier et d’aujourd’hui.

QUE VIVE LA COMMUNE! »

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